Le Jazz Manouche

Aux origines : Django

Django Reinhardt apparaît comme le père fondateur du jazz manouche dans les années 30 en France : il a contribué, de par son génie et ses origines, avec son ami violoniste Stéphane Grappelli, à créer ce style de jazz plus rythmé et swingué que le jazz classique. Vous entendrez parfois parler de « swing gitan » ou de « jazz tzigane », expressions qui désignent toutes le jazz manouche et qui viennent du fait que les termes « tzigane », « gitan » et « manouche » désignent le même peuple, ce dernier étant utilisé en France et en Belgique de préférence aux deux autres.

Django Reinhardt - le créateur du Jazz Manouche

Django Reinhardt – le créateur du Jazz Manouche

Le « son jazz manouche », une affaire de guitare

À l’origine, le groupe de jazz manouche est constitué d’une cellule rythmique, deux guitares et une contrebasse, au service de solistes, la guitare (Django) et le violon (Grappelli). Au fil des années, les orchestres ont accompagné des chanteurs, se sont enrichis d’autres sonorités (accordéon, clarinette…) et parfois même de sections rythmiques plus complètes avec batterie. Toutefois, la guitare acoustique reste l’élément le plus caractéristique du son d’un groupe de jazz manouche. La « Selmer » avec ses cordes en acier, initialement privilégiée pour sa projection sonore et sa capacité à remplacer la batterie en rythmique a imposé un son typique : la « pompe manouche » !

Django joue sur guitare Selmer

Django joue sur guitare Selmer

Une technique virtuose pour un style toujours d’actualité

En jazz manouche, les guitaristes solistes sont sur un piédestal. Le premier, qui reste aujourd’hui encore le plus grand, c’est bien évidemment Django. Malgré une infirmité très handicapante, l’incendie de sa roulotte ayant provoqué une grave brûlure à sa main gauche, celle qui permet de créer les notes sur le manche, il a développé une technique virtuose. Son style perdure aujourd’hui et tout guitariste qui « se met au manouche » commence par imiter le maître. Django est considéré aujourd’hui comme un des plus grands guitaristes du monde, tous styles confondus, aux côté de Wes Montgomery, Charlie Christian, Joe Pass, Hendrix, B.B. King, Clapton…

Malgré le travail nécessaire pour acquérir la dextérité indispensable à la production d’une musique dans la lignée du père fondateur, la relève du style est assurée. Aujourd’hui, de nombreux artistes et groupe de jazz manouche français se produisent dans le monde entier. Certains sont manouches et jouent depuis l’enfance tel Biréli Lagrene, Tchavolo Schmidt, Angelo Debarre ou Stochelo Rosenberg, d’autres sont « gadgés », non-manouches en langue rom, comme Les Doigts de l’Homme, Sébastien Giniaux, les Pommes De Ma Douche… Enfin certains groupes et musiciens ont coloré leur répertoire du son et du style, en s’accompagnant parfois d’un groupe jazz manouche sur scène (Sanseverino, Thomas Dutronc, Caravan Palace, Zaz).

Angelo Debarre, un des héritiers les plus talentueux de Django. Crédit Eric Esquivel - Wikicommons

Angelo Debarre, un des héritiers les plus talentueux de Django.
Crédit Eric Esquivel – Wikicommons

Véhiculé par ces artistes de talent, ce jazz est également mis en avant au cinéma avec notamment « Accords et Désaccords » de Woody Allen ou les films de Tony Gatlif. Au centre de toute les attentions ces dernières années, le jazz manouche est vivant, toujours en évolution, pour permettre à la fois son appropriation par les artistes tout en gardant l’esprit d’origine.